Les études occitanes à l'université (historique, témoignages)

Histoire du département

Études occitanes

Dès la fin du XIXe siècle, existait à la Faculté des lettres de Montpellier un intérêt pour la langue d’oc manifesté, entre autres, par le romaniste Chabaneau, un des fondateurs en 1870 de la Revue des Langues Romanes, actuellement encore éditée par l’Université Paul Valéry. Chabaneau occupa, dès 1870, une chaire de langues romanes à laquelle lui succédèrent Millardet, Bourciez puis Guiter.

Le premier cours de langue et littérature occitane fut créé en 1942 par Charles Camproux, par ailleurs grand résistant. Camproux reprit cet enseignement à la Libération.

Robert Lafont, d’abord assistant de grammaire française, obtint en 1969 une maîtrise de conférence étiquetée « langue et littérature occitane – linguistique romane », qui devint ensuite une chaire de professorat.

Il faut souligner le travail de recherche accompli par ces précurseurs, l’un et l’autre d’une culture exceptionnelle et d’une force de travail au-dessus du commun. Dans leurs publications alternent les travaux érudits et les ouvrages pédagogiques. L’un et l’autre conjuguent la rigueur scientifique et l’engagement militant indispensables dans un milieu universitaire français qui ignore massivement l’existence sur son territoire d’autres langues et d’autres littératures que celles écrites dans la langue dominante.

Dès l’origine apparut le souci de couvrir l’ensemble du champ spatio-temporel de la langue et de la littérature d’oc, par la recherche scientifique comme par l’enseignement dispensé :

  • en ce qui concerne la littérature, à propos des quatre grandes époques de floraison de celle-ci, l’époque médiévale avec notamment les troubadours, la première renaissance baroque, la deuxième renaissance du XIXe siècle et l’époque contemporaine,
  • en ce qui concerne la langue, les études couvrent l’évolution diachronique de celle-ci et travaillent également sur la variété dialectale à travers laquelle s’exprime la langue occitane.

Cette réflexion est également confrontée à un travail sociolinguistique sur les phénomènes de diglossie : on ne peut pas étudier la langue occitane indépendamment de son statut de langue dominée.